Attente (3)

Attente (3)
~~ :) ~~

Complètement brisé, il se laissait aller à son chagrin et ne ressentait plus rien de la chaise ni ne sentait les odeurs qui l'entouraient. C'est pour cela qu'il n'entendit pas le vieil homme s'asseoir face à lui. Il ne souriait plus du tout, et il lut dans son regard un mélange de regret et de compréhension. Cet homme avait en lui une telle sagesse, qu'il sut qu'il comprenait sa détresse, il revoyait en lui ces appréhensions et ces doutes. Lorsqu'il n'y croyait plus comme aujourd'hui, il avait toujours dû s'en sortir seul, car personne ne pouvait le comprendre. Mais il venait de trouver un compagnon et un confident à qui il n'avait rien à dire. Le temps qu'il réalise tout ceci, le vieil homme le regardait fixement, et lorsqu'il sentit de Nathan émergea, il hocha la tête pour lui signifier qu'il était prêt à l'aider à oublier et pour mieux se faire comprendre, il lui montrait son annulaire gauche et ce que vit Nathan le terrifia, l'homme avait exactement la même bague, un anneau très simple ciselé de vagues. Un anneau qui lui venait de son grand-père et qui n'était sensé exister qu'en un seul exemplaire.

Tout cela tourmentait vraiment Nathan alors il ouvrit la bouche pour lui poser la question et c'est à ce moment mal choisi que l'infirmière se décida à faire son apparition au fond du couloir. Son visage était souriant et cela le mis mal à l'aise car au fond de lui il ne voulait que tout recommence, il avait peur de ne pas se sortir de ce cycle sans fin, il regrettait tout, alors pour trouver un peu de force il se tourna vers le viel homme, mais à sa place le siège était vide, d'ailleurs sur tous les autres sièges, des gens étaient assis, et le couloir était remplis de brancards et de lits déambulants vers les blocs opératoires. Nathan évita de peu un chariot de linge et un lit, et partit presque en courant vers la salle d'attente. Il avait dans la bouche ce goût un peu amer lorsque l'on sort d'un rêve agréable et pourtant il ne comprenait pas pourquoi, il était persuadé de n'avoir pas rêvé. Pourtant, lorsqu'il s'assit, la même infirmière apparut dans l'embrasure de la porte avec ce même sourire, qui vu de près semblait très forcé et presque faux. Il se leva pour la rejoindre.

# Posté le vendredi 17 avril 2009 19:24

Attente (2)

Attente (2)
~~Choisi après~~

Commencer la chanson directement à 1:00

Il prit alors la décision de sortir de la pièce car il ne pouvait plus rester là, impuissant, il sentait au plus profond de lui qu'elle souffrait et cela le rendait encore plus coupable de ne pouvoir rien faire. Il se leva doucement, cherchant à ne pas déranger la fausse quiétude qui régnait dans la salle et il sortit dans le couloir. Il s'attendait à être assailli par un brouhaha assourdissant, mais rien ne vint à ses oreilles, le couloir était tout aussi came que le reste. Il commençait à se poser de sérieuses questions, il se demandait d'abord pourquoi il avait choisi cet endroit et surtout ce que tout ce silence signifiait.

Il choisit alors de partir à gauche et partit à sa recherche, il avait décidé de l'emmener autre part, car il n'avait pas trouvé ici ce à quoi un malade aspirait, tous ces éléments détestables lorsque l'on vient en visiteur mais qui nous font nous sentir en sécurité et nous calme dans l'anxiété de la maladie. Il avait d'ailleurs des bons souvenirs de l'environnement médical. Il se rappelait maintenant de sa première rechute, c'était en août 2004, ils étaient tous en Floride et elle avait eu envie de rentrer à l'hôtel, il lui avait donc donné les clefs et l'avait laissée rentrer seule car il voulait profiter pleinement de ces vacances, lui qui était si pris par son travail et qui ne pensait que très peu à lui. Il attendait, chaque année, ces quelques jours de répit avec la même impatience, et dans ces moments là, il se voyait retourné en enfance. Il ressentait tellement cette fièvre du départ, qu'une fois arrivé, il cherchait à profiter de chaque instant. Et puis il était rentré à l'hôtel, il se rappelle bien de la porte de la chambre entrouverte et de son coeur qui avait quadruplé son rythme en la voyant, cette vision de cauchemar, son corps inanimé étendu sur le sol, sorte de drapé funeste. Et puis doucement ses genoux qui le lâchent, le faisant s'écrouler auprès d'elle.

Il sortit brusquement de son souvenir et s'assit sur une chaise. Il mit sa tête dans ses mains et pleura silencieusement mais secoué de soubresauts...

# Posté le mercredi 08 avril 2009 12:46

Attente

Attente
Ecrit avec

Il était assis depuis si longtemps dans cette pièce, du moins il en était persuadé, en réalité cela faisait à peine plus de dix minutes qu'il était là. Le blanc des murs et cette atmosphère confinée le poussait à fuir cet environnement, alors que tout ici se voulait rassurant. Il jouait avec sa bague, la faisant tourner doucement, les yeux fixés sur ses mains il essayait de se rappeler de son histoire, ou plutôt de leur histoire. Quand une belle infirmière passait la tête dans l'embrasure de la porte son visage marqué par l'angoisse de figeait peu à peu cherchant à lire dans les yeux de l'infirmière autre chose que de la tristesse et de la compassion. Mais il ne trouvait rien, tout lui semblait faux ici, d'ailleurs il se sentait faux, il avait fait une erreur et quelqu'un était en ce moment même en pleine vengeance, il payait au centuple et se sentait déjà autre part, presque mort. Il se passait aussi la main dans les cheveux pour se donner une certaine constance, mais au fond de lui, il se savait vide et morne. Il n'y croyait plus réellement depuis tout ce temps, c'était sa quatrième fois et il la savait condamnée. Il était fier d'elle et à la fois il avait tant envie de tout cela cesse car il ne pouvait plus rien pour elle, il la perdait doucement. Il aurait tant voulu savoir quand et comment tout cela avait commencé. Il se rappelait d'une gare et d'une musique aérienne. Et de coton, ou bien de blanc, il ne savait pas. Le problème est qu'elle apparaissait tout de suite après auréolée de lumière, du moins il voyait de la lumière. Il voyait des vagues aussi et un silence ponctué par ses paroles, il aimait tant sa voix douce et posée. Et ensuite le trou.

Il émergea alors peu à peu de sa torpeur et observa les alentours. Il vit alors cet homme très âgé, un sage presque; et il lui souriait. Il avait d'ailleurs lui aussi une bague avec laquelle il jouait et semblait totalement perdu dans ses pensées. Il lui sourit alors parce que soudainement il se sentait en sécurité et l'homme lui paru encore plus serein, presque endormi. Puis ce dernier ouvrant les yeux, lui fit un clin d'oeil...

# Posté le dimanche 05 avril 2009 13:37

Modifié le mardi 07 avril 2009 15:22

2009

2009


Depuis quelques jours, je ne sais pas du tout ce que j'ai envie de faire, seule certitude, celle que je sais très bien ce que je ne veux pas faire. Je n'ai pas de regrets, du moins je crois, et pourtant je me sens coupable, je me mens à moi-même et au monde. Cette insatiable soif de changement, ce souci du renouveau me traine vers le fond et je le sens au plus profond de moi, je suis en train de tout faire foirer juste parce que je veux changer. Il y a eu dans ma vie des périodes comme celle là, à chaque fois je les ai surmontées. J'ai pourtant peur de ne pas me relever car je ne mène rien de ce que je vis, je ne fais que subir, impuissant, silencieux.

Je compte sur tout ce dont ma vie est faite pour me changer les idées, mais rien ne vient vraiment épancher ma soif, alors j'erre tel un fantôme à travers des murs, je ne sens même plus les obstacles, je n'ai plus de notion de temps; et parfois je me pose quelques instants et je réalise le temps écoulé, tout ce que j'ai traversé, j'ai fait le plus dur, du moins je me plais à le croire, et si j'en suis le seul persuadé, le principal reste que je ne pense pas trop et que je continue à traverser les obstacles.

A chaque fois j'ai voulu saisir ma vie, lui imposer une forme, mais tel un château de sable recouvert par la mer, rien ne tient vraiment et je dois encore et toujours reconstruire tout cet édifice. Je crois décemment que la vie m'a gâté, aucun souci à déplorer, ma vie est simple et monotone. Et je ne m'en plains pas intrinsèquement, sur le fond, tout me va, mais la forme peine et je voudrais choisir et décider, plutôt que subir. Tout me coule entre les doigts quand je veux régir et je crie devant cette difficulté croissante. Je crois que la vie c'est cela, souffrir de ne rien contrôler et attendre de pouvoir enfin choisir quand mourir. En effet, jamais on ne peut décider du chemin que l'on prend, tout au plus le but est donné et on se laisse porter.

Je crache sur cette fatalité et j'invoque un libre-arbitre humain et vrai, je voudrais me réveiller un matin en souriant pour me dire que j'ai enfin choisi. J'ai tout subi, cette fêlure familiale, mon cursus scolaire, ma vie amoureuse, mes amis aussi. Jamais je n'ai vraiment dit "merde" et ne me suis dit qu'enfin j'imposais mes idées. Je suis pourtant voué à gouverner et régner dans cette vie unique, je n'ai qu'un essai, une seule chance, et je la laisse passer devant mes yeux, je regarde à travers les yeux d'un spectateur inconscient de sa conscience et je me dis que je peux changer les choses, pas seulement les miennes, non, je pense que je peux apporter aux autres.

Vaine espérance qui me porte, dure inconscience qui me tue, à part croire je ne sais que faire, j'ai toujours cru que penser suffisait, mais il arrive un moment où il faut quitter les rails et s'affirmer. Car quand je me regarde dans le miroir je me vois banal, vide, transparent presque, et je ne trouve mon identité qu'à travers ces amitiés à 2 sens. Alors qu'il me faudra tous les utiliser.

Mon unique problème reste que je ne vis qu'ici, lorsque mon visage disparu, seuls mes doigts me décrivent et parlent pour moi. Mon blog est un immense journal intime que je ne contrôle même pas, je ne sais même plus pourquoi je l'ai créé. Je ne sais plus écrire, je ne peux plus penser, alors je vais quitter ce monde et chercher à prendre du plaisir dans la vie réelle. Laisser de côté ce sommeil éveillé dans lequel j'ai tant écris et tant vécu, car il ne m'a pas apporté beaucoup de bon, je me suis détruit à son contact, perverti presque, il m'ouvrait trop de choses à la fois et c'est une deuxième vie que je me suis inventé. A présent, je n'écrirais plus pour les autres, je parlerais seul en monologue de mes déboires et personnes ne lira ces pensées vides et tristes. L'espérance m'a quitté, mais je ne peux que mieux m'abrutir dans ce que je fais le mieux en ce moment, me voiler la face et marcher droit devant, les oeillères en place.

# Posté le mardi 31 mars 2009 17:46

Modifié le mercredi 12 août 2009 16:46

The Choice

 The Choice
I still feel like a child
I still need you by my side
I still hear you late at night

Aaron - Last Night Thoughts


OoO - Aaron - OoO


Le titre, tout comme les paroles, expriment mon état d'esprit. Dans cet éternel besoin presque viscéral d'être recadré, je me suis encore perdu un peu loin du petit chemin de terre brune, j'ai quitté momentanément les odeurs d'herbe sèche et les couchers de soleil inondait la plaine. J'ai pris à gauche au carrefour de la vie, direction l'autoroute des bridés. Je voulais voir ce que c'était de ne plus penser, comment on se sentait à ne pas réfléchir et surtout à ne pas souffrir. Ma première décision a été de trouver du bonheur, ma drogue douce dans ce monde. cela fut rapide et j'ai appris à apprécier les petits moments de la vie, j'ai su aussi pourquoi il fallait chérir le sommeil. Je ne savais pas où j'allais, mais ce dont j'étais persuadé, c'est que je m'étais trompé, je n'avais rien choisi. Moitié esclave, moitié pantin, pieds et poids liés dans le coffre de ce fourgon qu'est la prépa, je partais à tout allure vers une futur incertain, certain qu'il me faudrait un jour retrouver le chemin. Je savais que je ne regretterais rien du tout, pour la bonne cause, je me sacrifiais, je la sacrifiais quelques temps, je ne savais pas à quoi moi j'aspirais, mais eux le savaient. Alors digne mouton de Panurges, je pensais comme eux, les singeant peu à peu, le mimétisme s'étendant lui comme une nappe sur une table de salon de jardin un dimanche ensoleillé. Je ne l'ai pas vu venir ces idéaux, je ne sais pas pourquoi mais ils m'ont plu et ils me plaisent toujours. Ces phrases toutes faîtes, ces facades de stuc vouées à casser dans deux ans. Je sauvais les apparences, pour sauver ma peau ou du moins la préserver du risque, je me maintenais, tel un funambule et je savais qu'il n'y avait pas de filet dessous. La chute ne me faisait pas peur, je savais comment me reconvertir, j'avais d'autres talents, justement je savais m'adapter. Trop bien diraient certains. Oui trop bien, beaucoup trop bien. Par facilité ou par excès de mimétisme, j'étais comme eux, ces bêtes de concours, élevés au Guronzan et aux résumés de cours.

Tout simplement parce que je n'avais pas le choix. Mais ces moments remplis de vide, je n'y cotoyais jamais l'ennui. Je pris enfin conscience du bonheur à ne rien faire, ne servir à rien et savoir que le monde continuera de tourner sans nous. Un sommeil éveillé, voulu et entièrement vécu. Une espèce de black-out hebdomadaire qui me plait tant et qui constitue la quasi totalité de mon moral souvent vacillant. Cette vie, je ne l'ai pas souhaité, je ne l'ai pas voulu, mais comment annoncer que (souvent) je ne l'aime plus...

Comme un cadeau d'anniversaire qui ne fait pas plaisir, cette sensation m'assaille, me tiraille et me tue. J'aimerais savoir, pouvoir connaître et me dire que ce à quoi j'aspire sera obtenu facilement, mais je me leurre, on se leurre tous dans cette vie matérialiste. A trop penser à soi, on oublie que le monde c'est les autres (en plus de l'enfer d'ailleurs) et que comme l'a dit Plaute : "L'homme est un loup pour l'homme" et moi pauvre renard, je me suis fait loup un instant et j'espère pouvoir maintenir encore quelques temps l'illusion.

Plaqué par l'effort, je plie souvent, mais jamais je ne rompt, par orgueil et parce que je sais que je peux mieux faire, même si souvent, c'est découragé et vidé que je retrouve ma vie plate et morne. Cette vie où je survis, une vie à endurer seul à seul. En perpétuel conversation avec moi même, j'ai laissé l'autre prendre le pouvoir pour qu'il me guide vers mon destin, il conduit, mieux et plus vite. Moi je préfère la marche, et je n'attends qu'une chose : retrouver le petit chemin de terre que j'ai quitté en aoùt dernier après un mois de changements, d'amitié et de repos.

J'ai choisi, je subis, j'assume et je tiens. Tordu, chahuté, je vais survivre pour un jour vivre.

# Posté le samedi 10 janvier 2009 21:20

Modifié le mercredi 12 août 2009 16:47

La fin d'une ère

La fin d'une ère
~~Listen to music~~

Invisible fantôme de mes souvenirs, je les hante, porté par ces relents d'euphorie. J'essaye en vain d'en capter les bribes, d'attraper ces mots, ces essences. Je crois que je déteste tout simplement ma vie, cette vie créée de toutes pièces, je la hais comparée à ce qu'à l'époque je consommais sans jamais connaître la satiété, je me saoulais à l'amitié, ces relations qui me semblait si simples et qui me semble utopiques et si loin. Je regrette malheureusement bien trop tard. Ce que je déteste c'est ce côté définitif de l'histoire, de savoir que tout est fini, banni des délires, exilé des rires, je suis contraint de boire de ce poison qu'on appelle maturité et qui me donne déjà la nausée. Cruelle fin, je n'ai plus rien à attendre, ce qui arrivera sera sans saveur. J'ai l'impression d'avoir déjà vécu tout ce qu'il me fallait, d'être sage en ayant connu tous les sentiments que je recherchais. Je me sens vidé et triste. Je me sens en pleine clôture d'un chapitre, celui d'un passé coloré. Je tourne la page pour m'enfoncer la tête dans une futur si terne rempli de non-dits et de mensonges. Je hais tous ces mots que j'ai tu, je hais la fuite de ces souvenirs. Je veux revivre tout ça, à l'infini, bercé par le temps et perdu entre deux éternités inconnues. Je quitte les bras réconfortants de l'enfance et j'avais le regard droit, les épaules redressées.

# Posté le samedi 20 décembre 2008 20:12

Modifié le mercredi 08 avril 2009 14:21

Last shoot

Last shoot
~~OoO~~

Où trouver une pensée gaie
Quand un océan de chagrin nous noie
Comment ressentir à nouveau le soleil
Et trouver notre chemin
Quand l'obscurité nous poursuit.

Tous ces visages, ces pâleurs
Ces remords et ces pleurs.
Ce que l'on voulait dire
Et ce que l'on regrettera.

Où chercher le sourire
Quand le monde entier vous brise
Et que chaque seconde passée
Nous éloignera de lui

Les mots vides de sens
Servent à ces plaintes.
Attendre et souffrir
Pour un jour pouvoir sourire.

Et l'on voudrait crier,
Saoulé par la peine.
Et l'on veut arrêter de penser
Cassé, plié, esseulé
Mué en épave
L'on erre puis l'on brave.

Comment savoir où il est
Quand on est perdu à jamais
Dans nos coeurs, il y a une place
On la nomme pour l'occasion
Et elle n'en changera plus
Car nommer, c'est donner de la vie

Et dans ces moments là, la vie est justement ce qu'il nous manque.

# Posté le samedi 20 septembre 2008 21:38