Start over again
Il y a des moments uniques que l'on voudrait ancrer à jamais dans notre mémoire. Ce sont des bulles d'espoirs, nos bouts de vie qui font de nous une personne pleine de doute et d'angoisses, mais aussi une personne qui sait sourire et rire. Cette personne qui parfois aime se raccrocher à ces fusées de détresse. On les garde pour les jours de peine, car on prévoit qu'un jour tout ne sera plus tout bleu et qu'ils peuvent nous sauver.
Lorsqu'on les vit ce sont des moments puissants, forts et colorés, mais ils perdent peu à peu de leur saveur, le temps effaçant tout, peine et bonheur, ces parcelles de joie, subissent aussi les outrages du temps. Pourtant ils gardent un peu de cette odeur de bonheur qui nous sauve quand tout va mal. Comme une page en couleur dans un vieux comic en noir et blanc, ils nous égaient et nous libèrent. Ils soufflent dans l'instant un vent de mélancolie sur ces moments qui nous brisent. Ce sont eux que l'on invoque les dimanche pluvieux et les jeudi malheureux. On ne peut demander du bonheur mais on est en droit de réclamer plus d'instants comme ceux là, complètement à même de nous vider de tous nos maux et d'effacer les mauvais sentiments. Parfois lire et écouter de la musique ne suffisent pas, il nous faut une purge, une totale catharsis, ils savent nous vider quand la vie nous vire. Je n'en suis pas à ne vivre que par eux, je ne souhaite pas d'une vie par procuration, mais je me dis que parfois j'en veux plus, car plus j'en aurais et plus le grand feu d'artifice serait magnifique. Un jour, je les lâcherais tous pour plier sous le bonheur, pour partir sereinement dans ces souvenirs. Plus colorés que tous les cachets, plus aériens que toutes les herbes, plus forts que toutes les poudres, les souvenirs sont l'essence même de la vie, notre héritage et notre avenir. On vit pour en vivre, et l'on est contraint d'en vivre pour vivre un peu. Ils nous donnent une raison d'être sur cette terre, ce sont eux qui nous donnent envie de nous lever le matin dans l'espoir d'en vivre des plus beaux que la veille, et cette douce espérance nous porte doucement, vers le dernier que nous vivrons. Sera-t-il plus beau et plus fort? Personne n'est plus là pour le dire, mais au moins le feu d'artifice aura une légitimité. Car après tout, on ne les emporte pas plus que le biens matériels, au final on est tous égaux, on finit vide, lavé, sans rien, alors autant en vivre le plus possible et ne pas trop les garder pour soi. Ils sont faits pour être consommés sur place.