Je me dis après chaque article que je ne réécrirais plus jamais parce que j'aime mon dernier article, mais comme après mon dernier je ne me suis pas dit ça j'ai moins de remord à reprendre le clavier. A l'avenir j'éviterais de me le dire pour ne pas ajouter la peur de faire mal à mon manque quotidien d'inspiration.
Cet article il vient de deux choses différentes, tout d'abord parce que j'ai décidé ce soir sur un coup de tête de regarder le premier épisode de la saison 5 de OTH, alors que je n'y avais pas du tout pensé depuis un mois, ce fut une surprise en quelque sorte, je n'ai pas eu cette boule dans le ventre en attendant de le regarder (quoique je l'ai cette boule, mais pour une autre raison...) je n'ai pas compté à l'envers les minutes en attente de rentrer chez moi, je ne savais même pas que j'allais le regarder, néanmoins je ne regrette pas, il est de retour ce temps où OTH m'inspirait et je le salue bien haut, il m'avait manqué!
Mais il vient aussi du postulat qu'une nouvelle année vient de passer. Chaque année, je la vis persuadé qu'elle s'égrainera au ralenti, brève illusion, je n'y crois pas très longtemps, je dois dire que cela passe de plus en plus vite, si vite que j'en ai le tournis. Je peux faire une croix, j'ai vécu une année entière de plus et si je devais en dresser le bilan, il ne serait pas particulièrement important. Heureux de l'avoir vécue? Je le pense, mais pas plus, chaque année je m'attends à ce qu'elle m'apporte mon lot de grands bonheurs, mais je n'en ai que des petits éparpillés tout au long de cette année, je ne sais pas si je préfère, à vrai dire je ne me pose pas la question car ils sont toujours là et sans m'en rendre compte je les recherche chaque jour, chaque matin surtout. Que ce soit un regard dans une maison sur le chemin pour voir si elle regarde Télématin, un regard dans le bureau pour voir si elle est là ou tout simplement une chanson envoutante dans les oreilles qui me fait oublier ce chemin parcouru si souvent que j'en connais chaque chewing-gum et chaque poteau (utile quand, pris par la musique, on ferme les yeux en marchant) je crois que je ne me lasserais jamais de ce chemin qui sent la ville mais surtout à la fois obscur et lumineux, morne et vivant. Ce chemin, cette route, ce parcours, c'est un peu ma vie, que je connais sur le bout des doigts mais qui est totalement imprévisible, je peux y mettre mon calque et très bien tomber à côté, je peux me sentir porté et me réveiller perdu, je peux y entrer méfiant et en ressortir assoupi, je n'y cherche pas grand chose, et pourtant j'ai du avoir presque tout sauf ce que je souhaitais. Je ne m'attendais pas à les obtenir sauf quelque fois emporté par mon élan de vivre. J'ai souvent cru que ça se réaliserait mais me voilà quand même à parler tristement de ce bonheur à la fois proche et lointain, ce bonheur invisible surtout qui peut venir à tout moment. Cette année comme toutes les autres, j'ai vu des choses, vécu surtout, j'ai été bien plus heureux que malheureux, qu'elles en aient été les tenants et les aboutissants peu m'importe à vrai dire tant que ça m'a rendu heureux. Néanmoins si je devais faire une remarque à celui qui écrit au jour le jour l'histoire de ma vie, ce serait que j'estime écrire mieux que lui et que par conséquent je lui serais reconnaissant de me donner le livre de ma vie pour que j'y inscrive moi même mes voeux, car lassé d'attendre je m'accroche aux plus faciles, délaissant les invisibles et les moins originaux. Pour cette année, je serais sage je le promets mais j'aimerais qu'enfin ces illusions qui me bornent et me guident deviennent réalité, j'ai eu ma dose de petits bonheurs, je me suis accoutumé au bonheur, j'en connais la saveur et la texture, maintenant j'attends de la vie quelque chose de nouveau, d'inattendu, d'irrésistible...





